La PBFD un maladie très grave

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La PBFD un maladie très grave

Message  djo le Dim 7 Déc - 20:19

La PBFD

Un peu d’histoire…C’est en 1975 que la maladie du bec et des plumes (Psitaccine Break and Feather Disease - PBFD) a été pour la première fois identifiée et formellement décrite. Elle a été reconnue depuis comme la pathologie la plus importante chez les psittacidés australiens. Les vétérinaires du monde entier ont cherché à expliquer la maladie par de multiples causes. Certains accusaient les graines de tournesol, tandis que d’autres évoquaient la consanguinité. La cellule de recherche de l’Université Murdoch a démontré que la PBFD était causée par un nouveau type de virus, dont les caractéristiques ont depuis été établies par les chercheurs de l’Université de Georgie.


Les récentes recherches ont permis de conclure que la maladie est très répandue parmi la population sauvage de cacatoès et d’autre psittacidés. Elles ont aussi démontré que la maladie peut être évitée grâce à un vaccin.


Qu’est-ce qui cause cette maladie ?

La PBFD est due à un virus relativement simple qui infecte et tue les cellules des plumes et du bec. Le virus s’attaque également aux cellules du système immunitaire, qu’il détruit. Ainsi de nombreux oiseaux atteints de PBFD succombent à des infections secondaires, bactériennes ou autres.
Le circovirus de la PBFD est le plus petit virus connu capable d’engendrer une maladie.
Ce circovirus ne cause des problèmes que chez les psittacidés et pour autant que l’on sache, aucune autre espèce d’oiseau ou d’animal n’y est sensible. Une maladie semblable à la PBFD a récemment été détectée chez les colombes : elle est probablement causée par un circovirus similaire, mais différent d’un point de vue antigénique.

Symptômes - Diagnostic
Un oiseau atteint de PBFD présente des traits caractéristiques et la plupart du temps, un simple examen clinique par un vétérinaire peut permettre d’établir le diagnostic. La PBFD affecte généralement les jeunes psittacidés, mais des oiseaux de tous âges peuvent succomber à la maladie.

La PBFD sous sa forme chronique est insidieuse dans son développement et sa progression; et des plumes dystrophiques remplacent les normales au fur et à mesure de la mue. Ainsi, un oiseau atteint de PBFD peut perdre progressivement son plumage, sans aucun autre symptôme.

Chez les cacatoès les petites plumes de poudre sont souvent les premières affectées. Les plumes atteintes par le virus de la PBFD sont fragiles ou développent une enveloppe extérieure anormalement épaisse. La destruction des plumes de poudre entraîne des zones de peau dénudée et la réduction de la production de poudre rend le plumage terne et le bec brillant.
Les anomalies touchant les plumes sont différentes selon le moment du cycle de mue auquel se trouvait l’oiseau quand la maladie s’est déclarée. Les plumes anormales sont généralement courtes et présentent une ou plusieurs des caractéristiques suivantes : défaut dans les lignes, gaine de plume trop épaisse ou étriquée; goutte de sang visible dans la penne de la plume.
Le bec peut aussi avoir une croissance ou une structure anormale.

Chez les Euphèmes, des plumes apparemment normales qui tombent ou sont arrachées sans effort peuvent être le seul signe clinique. Chez les oiseaux au plumage vert, le seul signe clinique peut être l’apparition de plumes jaunes, qui semblent à part cela normales. Cette décoloration est probablement le résultat de changements microscopiques dans la structure de la plume.

D’autres maladies viennent souvent se greffer par dessus la PBFD: infections bactériennes, fongiques et virales. La plupart des oiseaux souffrant de maladies chroniques finissent par avoir des difficultés à se nourrir, perdent du poids et meurent.
Les oiseaux fortement atteints ont souvent des diarrhées muqueuses ou vertes, des signes fréquemment diagnostiqués comme étant des infections secondaires, bactériennes ou chlamydiennes. Le virus peut également entraîner une hépatite sévère, en particulier chez les cacatoès. Les oiseaux peuvent alors mourir d’hépatite sans présenter de lésions au niveau des plumes.

Diagnostic

Une PBFD bien déclarée n’est pas difficile à diagnostiquer. Les cas difficiles à diagnostiquer sont des oiseaux ne présentant que des signes subtils, en raison de leur âge ou leur immunité.
Un examen histologique des follicules de plumes est systématiquement effectué pour confirmer les symptômes cliniques, mais il ne convient pas pour diagnostiquer les infections en incubation
Le circovirus peut être détecté sur les plumes affectées par une analyse d’hémaglutination (AH) et des anticorps IH peuvent être identifiés dans le sang, le sérum, le plasma ou le jaune d’œuf.

La détection du virus par AH est actuellement la meilleure méthode pour identifier le circovirus dans les plumes, le foie et les fientes. Il peut être effectué sur des plumes en train de pousser, ou sur des plumes « sèches ». L’analyse sur plumes est préférée à celle sur fientes car les oiseaux très atteints par la PBFD n’excrètent pas de fortes concentrations de virus dans leurs fientes et certains oiseaux souffrant de la forme chronique n’en excrètent que de façon intermittente.

La sérologie est utile pour détecter les volées d’oiseaux infectés par la PBFD et pour mettre en évidence la présence d’anticorps chez les individus. La présence d’anticorps signifie que l’oiseau a été exposé au circovirus et un titrage élevé des anticorps IH chez un oiseau adulte suggère que ce dernier ne souffre pas de PBFD chronique. Les oiseaux au nid souffrant d’infection en incubation ou de la forme sévère de la maladie peuvent présenter un titrage des anticorps faible et en déclin. Attention, le test ne peut pas détecter les anticorps maternels transmis de façon passive.

Le sang peut être collecté directement sur un papier-filtre et seules quelques gouttes sont nécessaires, si bien que même les petits perroquets peuvent être facilement testés. Le papier peut sécher et le transport jusqu’au laboratoire ne nécessite pas d’installation frigorifique. Le test sur sang détecte les anticorps développés face au virus.

Attention encore, car les analyses AH et IH ne peuvent pas identifier les jeunes oiseaux en train d’incuber la maladie ! C’est la raison pour laquelle il est recommandé d’effectuer un second test 60 jours après le premier, quel que soit le résultat.

Incubation et pronostic vital
La période d’incubation de la PBFD peut n’être que de 21 jours mais il faut également prendre en compte la dose de virus, l’âge de l’oiseau, le niveau de développement des plumes et l’absence d’immunité. L’organe cible est l’épiderme et la manifestation de la maladie sur les plumes nécessite une mue. Par conséquent, les oiseaux qui contractent la maladie après leur mue peuvent ne pas développer de signes cliniques avant leur prochaine mue, ce qui peut durer 6 mois ou plus !

La plupart des oiseaux qui meurent de la PBFD ont moins de 2 ans. Cependant, tous les groupes d’âge doivent être considérés comme sensibles au circovirus. Une exposition chronique à de fortes concentrations de virus et/ou un stress seront probablement les conditions de l’infection et de la séroconversion des oiseaux adultes.

Pronostic

Une guérison spontanée après une PBFD bien déclarée a pu être observée chez plusieurs espèces, incluant les perruches ondulées, les loriquets et les inséparables. Des oiseaux très affectés peuvent aussi s’en sortir. Cependant, la majorité des oiseaux souffrant de la forme chronique de la maladie ne guérissent pas.

La PBFD chez les oiseaux sauvages
La première épidémie de PBFD parmi des oiseaux sauvages s’est probablement passée en 1888 dans les collines d’Adélaide, parmi une population sauvage de perruches à croupion rouge (Psephotus haematonotus).
Des cas de PBFD ont été confirmés dans les populations sauvages de rosalbins, cacatoès à huppe jaune, cacatoès à œil nu, loriquets arc-en-ciel, perruches à ventre orange, omnicolores, perruches à collier, cacatoès du Major Mitchell, cacatoès gang-gang, perruches royale, perruches de Latham (ou swift), perruches ondulées, perruches à croupion rouge, cacatoès funèbres, perruches à bonnet bleu et beaucoup d’autres.
Les groupes de cacatoès sauvages pourraient présenter une proportion de 20% des oiseaux infectés et une séroprévalence de 60- 80%. L’infection se maintient dans la population par le biais des oiseaux malades. Des épidémies peuvent se produire dans des groupes d’oiseaux sauvages ou de volière. Le virus se transmet probablement de façon horizontale mais des oiseaux porteurs pourraient contribuer à une transmission verticale. Le virus demeure vraisemblablement pathogène dans les nids contaminés pendant plusieurs mois ou années.

La PBFD chez les oiseaux de volière
Les groupes d’oiseaux de volière ayant présenté des cas de PBFD affichent généralement une séroprévalence élevée. Dans ces cas là, les oiseaux affectés par la PBFD sont souvent la progéniture des poules présentant des niveaux d’anticorps séreux faibles ou non détectables.

Comment prévenir et contrôler la PBFD ?
Il est recommandé aux éleveurs de garder les oiseaux nouvellement achetés isolés des oiseaux sains, et même de les faire reproduire en quarantaine
Des désinfectants (comme le glutaraldéhyde) capables d’inactiver les virus résistant à l’environnement tels que les parvovirus sont recommandés pour désinfecter les ustensiles, cages et pièces contaminées. La PBFD est difficile à mettre en quarantaine. Des oiseaux porteurs peuvent apparaître comme cliniquement sains mais produire des jeunes malades. D’où la nécessité de faire reproduire les oiseaux en quarantaine.

Vaccination (Vaccin inactivé)
Un vaccin à virus tué a été développé récemment en Australie. Administré à des oiseaux sains, le vaccin stimule l’immunité au circovirus. Ce vaccin n’est pas un traitement pour les oiseaux déjà atteints de PBFD car il n’est pas curatif. Il peut même empirer le développement de la maladie.
Il est important de vacciner les oiseaux de compagnie lorsqu’ils sont jeunes, en fait dès 14 jours. Tous les oiseaux vaccinés doivent subir un rappel un mois après la première injection. Ensuite, l’oiseau devra être examiné tous les 6 mois, jusqu’à ses 3 ans.
Les reproducteurs devraient également être vaccinés un mois avant la saison d’élevage.

Attention, ce vaccin n’est pas disponible en France. Certains vétérinaires contestent son efficacité.




Traduit de l’Anglais par Emilie Michel
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